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Comme vous le savez sans doute, une des raisons pour lesquelles les vénézuéliens sont un peu tendus…

Comme vous le savez sans doute, une des raisons pour lesquelles les vénézuéliens sont un peu tendus ces derniers temps… #thread
… c’est que les magasins sont vides. En 2016, les 3 quarts des vénézuéliens ont perdu 8.6 kilos en moyenne.
Selon le régime, cette situation est due à la « guerre économique » menée par le patronat et l’opposition.
Évidemment, c’est une vaste blague. Explications :
Le socialisme du XXIè siècle, pour la faire courte, ça a consisté à financer des programmes sociaux avec la manne pétrolière vénézuélienne…
(Première réserves mondiales de pétrole, je le rappelle.)
… et en faisant tourner à plein régime la planche à billets — à bolivars (Bs) en l’occurrence. Genre comme ça (données @VenezuelaEcon) : t.co/9af0Nyxmaj
@VenezuelaEcon Sauf que, évidemment, si vous inondez l’économie de bolivars, ils finissent par ne plus rien valoir du tout.
Ça s’appelle de l’inflation, raison pour laquelle les prix exprimés en Bs s’envolent et le cours du Bs par rapport au dollar s’effondre.
Et comme ils sont sabordé l’économie vénézuélienne, ils ne produisent presque plus rien et doivent importer à peu près tout.
Sauf que pour importer des trucs il faut les payer et que les éventuels fournisseurs exigent d’être payés dans leur monnaie à eux.
C’est-à-dire, principalement, en dollars US.
(Notez que ça n’est pas un régime particulier au Venezuela : c’est une norme du commerce international.)
Donc, pour importer des produits, les vénézuéliens doivent échanger leurs bolivars (Bs) contre des dollars US.
Et c’est là qu’entre en jeu le contrôle des changes (a.k.a. souveraineté monétaire, coucou Marine le Pen) mis en place par le régime.
L’idée, c’est d’imposer un taux de change officiel pour (essayer, naïvement, de) neutraliser la dévalorisation des bolivars.
Il y a, en théorie, trois taux de change officiels mais seuls deux sont effectivement utilisés : le taux DIPRO et le nouveau taux DICOM.
Le premier (DIPRO) est réservé aux importations de produits de première nécessité (principalement de la nourriture et des médicaments).
Le second (DICOM), sert à acquérir des green backs pour tout le reste dans la limite de $500 par trimestre et par personne (et $2000/an).
Le 30 août 2017, selon les données de la Banco Central de Venezuela, un dollar US valait 10 Bs au taux DIPRO et 3250 Bs au taux DICOM.
Ce qui, en soit, est déjà assez rigolo.
Sauf que, à ces taux-là, personne n’acceptera jamais d’échanger un dollar contre vos bolivars.

Personne sauf…

… les quelques entreprises d’État vénézuéliennes qui alimentent le système (principalement PDVSA, la compagnie pétrolière nationale).
Et pour cause, sur le marché noir, le dollar US s’échange plutôt contre près de 18000 bolivars.

Oui : dix-huit mille. t.co/SQ1PKxXbaY

(Spécial gamers : le bolivar vénézuélien vaut maintenant moins que les pièces d’or fictives de World of Warcraft.)
(Le salaire minimum de 250.53 Bs par mois, tickets de rationnement compris, ne permet pas d’acheter 10 menus Big Mac à Caracas.)
Et comme, par ailleurs, ils ont sabordé leur industrie pétrolière, leur principale source de devises,…
(Oui, les cours du brut ont baissé depuis l’époque de Chàvez mais ils se sont aussi débrouillés pour saborder la production en volume.)
… ils sont obligés de rationner sévèrement les dollars vendus aux taux subventionnés (d’où les dévaluations successives du bolivar).
Résultat des courses :
1/ ils ne produisent presque plus rien et
2/ ne sont même plus en mesure d’importer ce qui leur manque.

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