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Bon, je crois que le temps est venu de faire un thread sur la réduction de la…

Catégories Actualité, Story
Bon, je crois que le temps est venu de faire un thread sur la réduction de la place de la voiture à #Paris.
Parce que bon, j’en entends quand même beaucoup des erreurs et des bêtises sur le sujet.
La remarque la plus courante : « Anne Hidalgo avance de façon dogmatique, sans la moindre concertation. »
Il y a aussi la fameuse « Vous auriez pu développer les alternatives AVANT de réduire la place des bagnoles ».
Et aussi celle que j’aime le plus : « Vous plombez la vie des honnêtes travailleurs pour satisfaire les loisirs des bobos. »
Je n’oublie pas non plus le « Moi je prends ma voiture, car le vélo c’est hyper dangereux. »
Je précise tout de suite que je ne suis pas un fana du vélo. J’ai tjs privilégié le métro, je ne me suis abonné à Vélib’ que depuis cet été.
Je ne suis pas non plus encarté chez les écolos, les « khmers verts » comme aiment dire ceux qui ont le sens de la nuance et de l’Histoire.
Je commence donc par le dogmatisme et l’absence de concertation, une remarque dont le caractère infondé se vérifie en 30sec sur Google.
Je ne refais pas le match des berges de la rive droite, piétonnes depuis 1 an, même s’il est aisé de voir qu’on parle de ce projet dès 2001.
Et qu’elles ont fait l’objet d’une concertation lancée début 2015 pour une application mi-2016, un an et demi plus tard.
Et qu’en soit les rendre piétonnes 15 ans après avoir dit qu’on le ferait, ce n’est pas vraiment ce qu’on peut appeler un coup de force.
Je vais plutôt m’intéresser aux pistes cyclables voie George Pompidou et rue de Rivoli. LA grande nouveauté de la rentrée.
Elles font toutes les deux parties d’un truc qui s’appelle le « Plan vélo 2015-2020 », qui prévoit 150M€ de travaux sur 5 ans.
Travaux qui doivent permettre d’atteindre 1400km de voies cyclables intramuros en 2020, contre 700km auparavant.
Comme son nom l’indique, ce « Plan Vélo 2015-2020 » a été adopté il y a deux ans. Pas le mois dernier hein, il y DEUX ans.
Et figurez-vous que ce Plan Vélo si dogmatique et sectaire, il a été adopté à l’unanimité par les conseillers de Paris.
L’unanimité, au cas où, ça veut dire par tous les élus. De gauche, mais aussi du centre et de la droite.
Avouez que l’unanimité dogmatique, c’est quand même un concept qui reste à inventer…
« Bon ok, mais vous auriez quand même pu développer avant les alternatives », me direz-vous.
J’y viens, j’y viens, à la fameuse remarque sur les alternatives…
Ça fait 15 ans que la Ville de Paris les développe, les alternatives. Il y en a tellement qu’elles ne tiennent pas dans un seul tweet.
Il y a eu les voies de bus, pour permettre aux bus de devenir plus rapides et plus ponctuels, donc plus attractifs.
Il y a eu la boucle du tramway, quasi achevée, car il n’était pas toujours facile de circuler entre arrondissements périphériques.
Il y a eu Vélib’, premier réseau de vélos à libre-service au monde. Et à un tarif fichtrement attractif comparé aux frais d’une bagnole.
Et, au passage, aussi lorsqu’on le compare au prix du Pass Navigo dont on a tous ras le bol qu’il augmente à chaque rentrée.
Il y a eu Autolib’, qui a même depuis 2014 une petite cousine au format utilitaire nommée Utilib’.
Il y a eu des milliards d’euros investis dans les transports en commun. Figurez-vous que Paris à elle seule leur consacre 381M€ par an.
Et que dans ces 381M€ par an, il y a 100M€ qui financent la modernisation de transports en commun qui sont en dehors de Paris.
Oui, car j’oubliais aussi la petite remarque du « Égoïstes de Parisiens, vous ne pensez pas à la banlieue. »
Il y a eu pas mal de voies cyclables, mais là-dessus des efforts importants restent à faire pour rattraper nos amis de Londres ou Stockholm.
C’est pourquoi on en crée 200km supplémentaires cette année et cela va continuer à rythme soutenu jusqu’à la fin de cette mandature.
Dans la série « alternatives », il y a aussi les aides versées aux particuliers et aux professionnels (de Paris ET de petite couronne).
Abonnements offerts à Vélib ou à Autolib’, aide au financement du Pass Navigo, aide à l’achat d’un véhicule propre ou d’un vélo électrique.
Paris, cette ville qui aurait oublié de développer les alternatives, est saluée sur ce sujet par les classements internationaux.
Elle est 1ère au monde pour la qualité de son réseau de métro, tant en terme de densité que de régularité.
Ce n’est pas une étude de la mairie de Paris qui le dit hein, c’est l’ITDP basé à New-York, spécialiste du sujet.
Paris est aussi la championne européenne des véhicules en libre-service, elle est la ville qui en compte le plus par habitant (ShopAlike).
Maintenant quelques rappels sur les déplacements en Ile-de-France et sur ces honnêtes travailleurs empêchés d’aller travailler.
Il y a 10 millions de voyages effectués/jour sur le réseau RATP, quand il y avait 40 000 voitures/jour sur les quais rive droite.
Et figurez-vous que seul 1 Parisien sur 10 et 1 habitant de la petite couronne sur 3 se rend au travail en voiture (Insee).
Au passage, sur le fait qu’on plomberait le petit commerce : 79 % des Parisiens se déplacent à pied pour aller faire leurs achats.
Et sur le fait que réduire la place de la voiture serait « anti-pauvres » : 64% des conducteurs circulant dans le centre de Paris sont CSP+.
Sur les dangers du vélo, cette infographie publiée par Libé samedi se passe de commentaire. t.co/K7vapJ8cyS
Il est clair que le vélo n’est pas le mode de transport le plus accidentogène, loin de là.
Finalement, mon sentiment est qu’il y a beaucoup de mauvaise foi dans les débats actuels sur le recul de la place de la voiture.
Cette mauvaise foi, elle est motivée par une chose très importante pour nous : notre petit confort.
Je dis volontairement « notre petit confort », et non pas seulement le vôtre, car moi aussi je l’aime bien, mon petit confort.
J’aime être assis confortablement, ne pas être bousculé, ne pas être mouillé, et arriver rapidement au boulot ou chez moi le soir.
Je me rappelle d’ailleurs que 78 % des usagers de voiture dans le centre de Paris disent l’utiliser « par confort » et non « par nécessité ».
Mais franchement, est-ce que ce n’est pas aussi du confort, que d’avoir moins de voiture qui circulent dans notre rue ?
Est-ce que ce n’est pas aussi du confort, que de voir le bruit de ces voitures baisser en bas de chez nous ou pour un verre en terrasse ?
Est-ce que ce n’est pas aussi du confort, que de se prendre moins de fumée de pots d’échappement quand on marche dans la rue ?
Et surtout, notre petit confort peut-il vraiment être placé au-dessus des enjeux liés à notre petite santé ?
La pollution atmosphérique, dont la principale source en ville est le trafic routier, réduit de 6 mois l’espérance de vie des Franciliens.
Pas que des bobos parisiens, de tous les Franciliens. 6 mois !
À l’échelle du Grand Paris, la pollution de l’air fait 6 500 morts prématurés par an, victimes de maladies respiratoires notamment.
Là encore, ce ne sont pas des études de la mairie de Paris, mais des études nationales et européennes.
Alors bon, qu’on débatte de cela ok, que cela passionne certains médias ok, mais s’il vous plait un peu d’honnêteté dans les arguments.
J’en profite pour rappeler que tout cela était dans le programme d’Anne Hidalgo aux municipales de 2014, en toute transparence.
Que les Parisiens ont fait ce choix.
Et que je vois mal pourquoi nous serions les seuls habitants en France qui ne pourraient pas décider de l’aménagement de leur ville.
A bon entendeur. Et merci à @VenturaAlba dont l’édito très hasardeux ce matin sur @RTLFrance m’a donné envie de faire ce thread.

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