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Journaliste vidéo & SME @lemondefr • Jafar j'suis coincé

Je quitte Le Monde aujourd’hui. L’occasion pour moi de revenir sur mon expérience en tant que «…

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Je quitte Le Monde aujourd’hui. L’occasion pour moi de revenir sur mon expérience en tant que « Community Manager » dédié à la vidéo et d’expliquer aussi pourquoi, malgré tout ce que j’y ai appris, je sors convaincu d’une chose : je vais m’éloigner de la presse.
Petit préambule : ce long thread a pour seule vocation de transcrire un ressenti après deux expériences dans la presse. Loin de moi l’idée de critiquer des gens ou des rédactions qui m’ont accordé leur confiance. t.co/v3NdSdl0Su
Ici, j’entends par « presse » les journaux papier qui s’intéressent au numérique en opérant une « mutation » interne qui passe par le recrutement de nouveaux profils, l’adoption de nouvelles façons de travailler… des journaux qui font des « tentatives » en somme.
Oui, le tweet précédent aurait pu être publié en 2005 mais je tiens à être clair dans mon propos. Bon.
En près de quatre ans, j’ai eu l’occasion de voir et de vivre cette « mutation », à mon niveau et à mon échelle, au sein de deux grandes rédactions qui ont toutes deux souhaité avoir « leur » Community Manager dédié à la vidéo.
Un CM consacré à une « verticale » qui, en plus de travailler en collaboration avec les autres CM de la rédaction, devait répondre à des problématiques de création et d’audience nouvelles pour une rédaction. En soi, un joli challenge pour un jeune publicitaire bac + 2 comme moi.
Et c’est vrai que ces deux expériences m’ont apporté une chose : la liberté. J’ai pu toucher à tout : aux sujets, aux formats, à leur rayonnement sur les réseaux sociaux… J’ai appris sans avoir le sentiment d’être un presse-boutons en bout de chaine. Du moins pas toujours.
Mais si j’ai pu développer un tas de compétences, j’ai aussi constaté plusieurs points de blocage que je résumerais en trois parties : le syndrome du « cul entre deux chaises », un problème de vision et des plateformes qui se cherchent (un peu) trop souvent.
Le syndrome du « cul entre deux chaises » est sans doute celui qui m’a le plus donné de maux de tête. Pour moi, il s’est appliqué à deux niveaux.
D’abord « physiquement ». Séparé des autres CM et intégré à une équipe pleinement dédiée à la vidéo, il fallait que j’existe tout en jonglant en permanence entre deux expertises, deux rythmes, deux dynamiques complémentaires, mais différentes. Pas toujours évident.
Petit aparté : est-il utile de rappeler qu’un CM au sein d’une rédaction ou même d’une marque est à la périphérie de beaucoup de choses et qu’il est susceptible d’adopter de multiples visages en fonction de ce qu’on lui demande ? Ça demanderait un autre thread, passons. t.co/Tpd6fMfCfF
Le syndrome du « cul entre deux chaises » s’est également manifesté au travers des plateformes sur lesquelles j’étais mobilisé : les réseaux sociaux ET le site. Et pour moi, il s’agit de deux terrains, deux audiences, deux ADN différents. C’est précisément le coeur du problème.
C’est aussi une vraie question : pourquoi demander à un CM, a fortiori dédié à la vidéo, de penser à la fois (et souvent d’abord) au site et aux réseaux sociaux ? Je vous épargne les détails techniques mais cette dualité avait des impacts très concrets sur mon quotidien.
Pour schématiser, j’avais souvent l’impression de devoir publier du contenu sur le site pour « rassurer » et sur les réseaux sociaux pour « valoriser ». Ce n’est pas la conception de mon métier. Mais ça aussi, ça mériterait un autre thread.
Passons au problème de vision. J’ai à cœur de donner du sens à ce que je fais. Ça a pris un peu de temps mais ce sens, je l’ai trouvé grâce à une matière première qui change tous les jours : l’actualité. Quelle matière plus passionnante que l’actualité, hein Twitter ?
Actualité, vidéo, réseaux sociaux. Un triptyque sans doute imparfait mais tellement motivant. Au fond de moi, c’était certain : il fallait essayer plein de trucs. Et il fallait le faire avec TOUS les collègues. Seulement voilà, la vidéo dans un journal, c’est un peu vu comme ça. t.co/NUdMCx2JLt
Dans ma première Maison, l’arrivée de la vidéo ne s’est pas faite sans tensions. Peu ou mal expliquée et/ou peu ou mal reçue, la vidéo posait beaucoup de questions aux équipes déjà en place : nouveau format, nouvelle écriture, nouvelles contraintes techniques. Et j’en passe.
Les points de crispation étant trop nombreux, la direction avait donc fini par créer un service, presque en catimini, presque entièrement composé de profils recrutés à l’extérieur. Dont bibi et son triptyque plein de motivation.
Une petite équipe, initialement composée de 6 personnes : un réalisateur en charge du studio fraîchement installé, deux monteurs, une vidéo desk (terme un peu obscur qui désigne la journaliste notamment en charge de la mise en ligne des vidéos), une cheffe et un CM donc.
Aucune des nouvelles recrues n’avait le statut de journaliste. Notre mission était essentiellement de compter sur la production de nos autres collègues de tous les autres services. À l’époque ce raisonnement me semblait « un poil » bancal mais bon. Soit.
Longtemps je me rappellerai cette toute première réunion où le rédacteur en chef adjoint, après avoir présenté chacun de nous, avait lancé à tous les chefs de service cette précision : la vidéo doit être envisagée uniquement sur la base du volontariat. t.co/VYhYYkemCF
À partir de cet instant, mes premiers pas dans la presse prenaient une autre allure. J’envisageais mon triptyque d’une autre façon, tel un GTA Vice City sans Action Replay. Mais toujours motivé, déterminé à tenter des trucs cool « à la vidéo ». t.co/FoS2k6dmUd
Pardon pardon, petit loupé. La suite du thread, c’est par ici. t.co/42kcMN7sq4

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