Avatar
All views are my own. Without data, you're just another person with an opinion.

On est en 1986, quand Mikhaïl Sergeyevich Gorbatchev, sixième secrétaire général du Parti communiste de l’Union soviétique,…

On est en 1986, quand Mikhaïl Sergeyevich Gorbatchev, sixième secrétaire général du Parti communiste de l’Union soviétique, lance une grande campagne destinée à combattre les « revenus malhonnêtes ». #Thread t.co/qtX2cKj5Uz
Les « revenus malhonnêtes », en l’occurrence, ce sont tous les revenus obtenus en vendant des trucs ailleurs que dans les magasins d’État ou les coopératives autorisées et à un prix autre que le prix officiel.
Il faut savoir qu’à ce moment-là, la planification soviétique était un échec à ce point patent que la seule façon que les autorités soviétiques ont trouvé pour éviter une pénurie massive, c’était de fermer les yeux sur les petits trafics.
Mais du coup, le marché noir s’était développé jusqu’à prendre des proportions dantesques — à tel point qu’on parlait à l’époque d’une seconde économie soviétique.

C’est à ça que Gorbatchev veut mettre un terme avec sa campagne.

Rien que pour tenter de mettre fin au commerce illicite de fruits et légumes, les bureaucrates du parti chargé d’appliquer la réforme vont devoir passer des milliers de jardin potagers au bulldozer. t.co/TWDK3uv4PO
Une des mesures de cette campagne prévoyait de contrôler strictement les prix dans les magasins coopératifs de manière à ce qu’ils ne s’écartent pas des prix réglementés qui sont pratiqués dans les magasins d’État.
Par exemple, la viande de bœuf était supposée valoir 4 roubles par kilo tandis que la viande de lapin devait se vendre 3 roubles le kilo.

Yuri Maltsev, un jeune économiste chargé de préparer la perestroïka, raconte à ce propos une anecdote amusante. t.co/JUeLHrVnxE

Il faut dire que Maltsev, comme beaucoup d’économistes soviétiques de l’époque, ne croit plus une seconde à la possibilité de planifier une économie.

Pour un conseiller économique de Gorbatchev, c’est rigolo.

Il lit des bouquins d’économie venus de l’ouest (il a une autorisation spéciale pour ça) et se fait une spécialité d’essayer de deviner quand, comment et pourquoi les initiatives du planificateur vont foirer.
Dans le cas de la viande de bœuf et de lapin, c’est facile : les prix officiels sont ridiculement bas par rapport aux prix du marché noir : Maltsev s’attend donc à ce que les étals soient vidés en quelques minutes… et que la viande se retrouve dans la foulée sur le marché noir.
Pour vérifier s’il a raison, Maltsev se rend donc au marché officiel du coin et constate qu’effectivement, il n’y a plus l’ombre d’un kilo de viande de lapin à vendre. En revanche, à sa plus grande surprise, il reste du bœuf.
Comment est-ce possible ?

Eh bien c’est très simple : dans votre kilo de viande de bœuf, le boucher vous collait un énorme os bien lourd pour faire en sorte que l’ensemble, au kilo, corresponde aux prix du marché noir. t.co/UbwA5RfUWD

Évidemment, avec un lapin, il était impossible de trouver un os assez lourd pour compenser ; raison pour laquelle on n’en trouvait plus.

La planification soviétique, cette immense source de fails.

En 1989, Maltsev a fait défection et se barre aux États-Unis. Il enseigne encore l’économie au Carthage College dans le Wisconsin. #Fin
étiquettes
#Fin #Thread

Aucun commentaire

Leave a Reply