Avatar
Blog #eleonorebridge, podcast #indépendante sur iTunes

Comme j’en ai rien à faire de me griller dans le monde de l’édition (contrairement à ceux…

Catégories Économie, Ma vie, Média, Société, Story
Comme j’en ai rien à faire de me griller dans le monde de l’édition (contrairement à ceux qui en vivent et qui subissent en silence) je voulais vous parler de mon expérience
J’ai fait plusieurs livres au cours de ces 7 dernières années, tous sur le thème du mariage, jamais pour la gloire ou pour devenir riche mais pour soutenir mon site @unbeaujour
J’en ai retenu que la plus belle réussite du monde de l’édition Français c’est d’avoir réussi à imposer aux jeunes auteurs l’idée que c’est un grand honneur d’écrire un livre pour un salaire de misère et un rythme de travail de fou
D’abord le contrat : en tant qu’auteur tu as des miettes, genre 3% tu es le moins bien payé dans toute la chaîne du livre (même l’état avec la TVA gagne plus que toi)
Alors on t’explique : oui mais l’imprimeur, le transport, le stock tout çaaaaaa ! Et dans ton contrat tu vois le même pourcentage pour les droits numériques 🤔
La seule fois où j’ai négocié chaque ligne de mon contrat qui se foutait de ma gueule (50% du contrat en somme) on m’a fait comprendre que j’étais une emmerdeuse.
Mais en gros, t’es en face de quelqu’un qui, avec son salaire et sa mutuelle payés par la maison d’édition, t’explique que les temps sont durs et qu’il va falloir te serrer la ceinture parce que c’est comme ça depuis toujours et que c’est pas aujourd’hui que ça va changer – ah ok
Ensuite le process de travail : y a 10 personnes dans la boucle qui te font refaire le travail 25 fois parce que personne travaille à moins de 3 semaines de la deadline (sauf toi). On te demande en permanence de tout reprendre pour demain parce que personne a rien suivi.
Tu comptes du coup plus du tout tes heures sinon tu as des envies de meurtre mais à ce rythme, tu avoisines un peu les 2€ de l’heure (j’imagine que dans la BD c’est mille fois pire)
Je me souviens de cette petite bureaucrate d’une maison d’édition qui nous avait ri au nez parce qu’on avait trouvé un annonceur qui payait 1000€ pour avoir une page de pub à la fin du livre en mode « haha mais on va pas s’embêter pour 1000€ c’est ridicule »
Ba ouais meuf c’est vrai que c’est ridicule c’est ce que vous me payez pour écrire ce livre !
J’ai plein d’anecdotes comme ça mais les gens vont se reconnaître alors je préfère rien dire on sait jamais.
Bon et après faut qu’on te paie : n’espère pas toucher un centime avant de les avoir relancés au moins 4 fois. A la fin tu les supplies carrément en inventant des histoires de causette pour qu’ils appuient sur le bouton nucléaire du virement bancaire.
Et enfin, tu découvres que c’est monnaie courante de te payer tes droits avec des calculs douteux et à part demander une vérification des comptes (et te griller à vie avec la maison d’édition) tu es jamais sûr qu’on t’a pas enflé de 100 numéros vendus pas comptés dans tes droits
A chaque livre je me suis dit « plus jamais » et j’espère qu’on ne m’y reprendra plus. Tout mon soutien à ceux dont c’est le métier à temps plus que plein 🙏
Si y en a parmi vous qui veulent raconter leurs anecdotes anonymement et que je les relaie ici envoyez moi un mp
On vient de m’envoyer des excuses de grosses maisons d’édition pour retarder les paiements si c’était pas si odieux j’en rirais presque
« Chez d’autres éditeurs, j’ai eu : « La banque a mangé notre virement » (véridique) et « Y’a personne pour signer les virements » (le mien était en souffrance depuis… 4 mois) »

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *