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Pion, futur prof d'SES (?). Gauchiste radicalisé sur internet.

Puisque la polémique du jour c’est le sourire des caissiers.ères, je m’en vais vous raconter en quoi…

Catégories Ma vie, Société, Story
Puisque la polémique du jour c’est le sourire des caissiers.ères, je m’en vais vous raconter en quoi vous pouvez vous les foutre au cul. J’ai bossé deux ans à la caisse d’un grand supermarché quand j’étais étudiant : petit tour d’horizon de la pression subit dans ce métier.
Avant toutes choses, la moindre erreur dans les différents aspects du boulot c’est un blâme. Trois blâmes c’est licenciement pour faute grave. Une collègue en a été victime. Mais en y repensant, je me demande comment on faisait pour finir une journée entière sans blâme…
Là où j’ai bossé on était chronométrés (moyenne des secondes entre chaque articles). En fin de journée, ceux qui avait une moyenne supérieure à 10sec entre 2 articles recevaient un blâme. (Les meilleur.e.s étaient à 3sec, moi autour de 6-7, d’autres autour de 10).
Ne vous étonnez pas lorsque vous voyez « TOTAL » en plein milieu de votre ticket alors que d’autres articles sont scannés après, c’est parce qu’appuyer sur Total arrête le chrono. Il reprend à l’article suivant jusqu’au prochain Total.
Nous étions responsable en cas de vol d’un client.e à notre caisse, malgré des caméras ultra précises. Il nous fallait donc faire attention à bien vérifier les sacs des client.e.s. La collègue qui a été licenciée avait déjà 2 blâme et a oublié de vérifier dans la poche intérieure
du sac congélation d’une mamie, qui y avait mis des piles. En passant, les plus grands voleur.euse.s que j’ai eu l’occasion de voir avaient rarement moins de 50 ans… ça c’est pour l’anecdote.
Si nous n’avions pas bien vérifié les sacs des client.e.s, on nous appelait sur le téléphone. Scrutés par le vigile via les caméras et par l’hôtesse d’accueil. (en période de faible affluence évidemment). Pour lui éviter des problèmes, présentez votre sac vide à la caisse.
Le plus chiant, c’est la gestion de la caisse, de la monnaie. Evidemment, il faut être vif pour calculer rapidement la monnaie à rendre, et ne pas faire d’erreur. Dans le stress, la rapidité, le téléphone qui sonne, le papy qui râle et le mec qui explose une bouteille par-terre..
..c’est un vrai défi. D’autant plus que l’on est responsable de la propreté de la caisse (on nettoie la farine, l’alcool par terre, etc). En fin de journée, s’il manque plus d’1€, vous recevez un blâme (il suffit d’une pièce). Et si t’as plus de monnaie en cours de journée :
soit à l’accueil quelqu’un.e est dispo pour aller chercher un rouleau, soit y’en a plus, ou bien y’a personne, et dans ces deux derniers cas alors tu te démerdes à rendre 2€ avec des centimes.
Les prélèvements : quand la caisse est trop remplie, t.co/1qPcTP0tY8 caissier.ère retire 500€ (pour des raisons de sécurité notamment). C’est le bad pour deux raisons : tu vois passer 50 fois ta paie en une journée de travail ; tu fais ça entre deux clients, et dans ces
conditions oublier un billet ou en mettre un de trop est vite arrivé. Or en fin de journée, quand tu as perdu un billet de 50€, c’est grave chaud pour ta gueule.
Être cordial.e mais pas trop : il ne faut pas lancer t.co/1qPcTPi5mI client.e dans une discussion, car cela ralenti le passage en caisse et donc la fluidité (à la caisse et dans le magasin). Par contre tu dois absolument demander « Avez vous la carte du magasin ? », sinon
tu te fais engueuler. Tu passes ta journée à parler comme un robot « Bonjour », sourire, « ça vous fait tant », « avez vous la carte du magasin ? », « merci bonne journée », au bout de 10 clients t’as déjà l’impression que ton cerveau est déconnecté (alors qu’il faut resté.e concentré.e)
Les pauses: chez nous elles étaient décidées uniquement par l’hôtesse d’accueil, imposée aux moments calmes. On nous a plusieurs fois refusé d’aller aux toilettes pour faire face à une affluence (ou à une affluence à venir!)…
Fin de journée: le comptage de la caisse. Tu dois retrouver exactement le nb de chèques, tickets resto, réductions, d’avoirs, de tickets de CB, etc, que t’as encaissé.e dans la journée. Je faisais 9h-21h le samedi, ne pas égarer une pièce ou un ticket en 11h relève du miracle…
Ce n’est qu’un aperçu, je ne parle des bruits de « bip bip » permanent, des client.e.s mécontent.e.s, du bruit ambiant, des imprévus à gérer (casse à la caisse, client.e qui n’a pas la monnaie, vols), ça rend fou. Alors vos sourires osef, devant vous quelqu’un.e souffre en silence!
Apprenez à ranger vite, anticipez avec vos sacs et avec vos moyens de paiement. Et surtout n’hésitez pas à souhaiter « bon courage » à la personne qui bosse devant vous, d’autant plus s’il.elle fait la gueule !

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