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Doctorante en histoire grecque à l' @univ_lorraine , professeure d'histoire, Naissance et enfance dans l'Antiquité. Histoire des Religions. Comparatisme.

Les bébés dans les sanctuaires du monde grec 👶🏻🏛! Première partie du thread. ⬇️

Les bébés dans les sanctuaires du monde grec 👶🏻🏛! Première partie du thread. ⬇️
Tout d’abord, il faut rappeler qu’il est difficile de définir les contours des catégories d’âge dans les sociétés anciennes. En effet, établir des concordances entre âge biologique et chronologique est en réalité très compliqué.
En effet, le développement psycho-moteur d’un enfant, et sa croissance en général, dépendent en fait de facteurs environnementaux voire culturels. Ainsi, tous les bébés n’ont pas fait, partout et au fil du temps, leurs dents au même âge chronologique.
De même, l’acquisition de la marche et de la propreté dépendent de ces mêmes facteurs environnementaux et culturels. Platon, par exemple, recommandait qu’on ne laisse pas un enfant marcher avant l’âge de trois ans.
Ici, nous définissons donc comme des bébés les tout-petits dont l’apparence et la posture correspondent à la prime enfance, c’est-à-dire à la période précédent l’acquisition d’une certaine indépendance vis-à-vis des adultes (marche et propreté notamment).
Étudier l’enfance et a fortiori la toute petite enfance nécessite de prendre la mesure des réalités démographiques des sociétés anciennes. On estime ainsi qu’un enfant sur deux n’atteignait pas l’âge adulte, qu’un sur quatre mourrait avant l’âge d’un an.
La toute petite enfance était donc le temps de tous les dangers pour les petits d’hommes. Les pics correspondaient au moment de la naissance ou peu après ainsi qu’au moment du sevrage. Dans les périodes anciennes, on craignait tout particulièrement la pousse des premières dents.
Une série de rituels, que l’on ne distingue pas nécessairement de la notion moderne de soin, étaient donc mis en oeuvre à la fois pour protéger les bébés et les intégrer à la communauté.
À Athènes, ces rites correspondent aux Amphidromies qui suivaient la naissance. On ignore le déroulement exact de ces cérémonies qui devaient différer d’une famille à l’autre. Étymologiquement, ce rite devait consister en une course, autour du 👶🏻 ou avec le👶🏻 dans les bras.
Quelques jours plus tard, toujours à Athènes, le bébé recevait son nom lors de la dékatè. Il est possible qu’à ce moment, un cercle familial plus large soit venu faire connaissance avec l’enfant et lui apporter quelques présents afin de lui souhaiter la bienvenue.
Enfin, les enfants nés dans l’année étaient présentés par leurs pères à leurs phratries respectives lors des Apatouria. Un sacrifice, le méion, était alors accompli. On ignore toutefois si les👶🏻étaient présents à ce moment là et si les petites filles étaient aussi concernées.
À Sparte, lors des Tithénidies, les nourrices sacrifiaient des porcelets dans le sanctuaire d’Artémis Corythalia pour la protection des bébés garçons.
Les tout-petits faisaient donc l’objet de pratiques rituelles dès leur venue au monde (Amphidromies à Athènes) et au cours de leur première année d’existence (Apatouries à Athènes, Tithénidies à Sparte).
À suivre : partie 2 – la présence des bébés dans les sanctuaires.
(et j’ai beau m’être relue, quelques fautes d’inattention ponctuent e thread, pfff ! On m’excusera en se disant qu’on est sur Twitter…)

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