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Historienne (conditions de travail, mouvements sociaux, cultures politiques et engagements). Université de Rouen. Tweets au passé, tweets au présent.

J’en ai assez d’entendre parler “des EXTRÊMES”. Une opération de disqualification qui entend • rapprocher ce qui…

J’en ai assez d’entendre parler “des EXTRÊMES”.
Une opération de disqualification qui entend
• rapprocher ce qui n’a RIEN à voir
• faire peur, disqualifier, discréditer et remettre de supposés couteaux entre nos dents.
#Nousnesommespasdextrêmegauche 😊
Un fil sur tout ça. t.co/TD2EjVPV1Z
D’abord, on sent évidemment tout ce qu’il y a de disqualifiant dans cet étiquetage: l’extrême relève non seulement des confins mais de l’excès, non seulement du radical mais du brutal.
“Radical”? Oui: l’idée est bien d’interroger la racine du système, pour le combattre. t.co/ZiccGqzY3W
Le mot porte l’outrage du stigmate au sens où l’entend E. Goffman: l’attribution d’un discrédit profond. Une déviance. Très tôt les militantes et militants communistes ont cherché à retourner ce stigmate, en se montrant avec un couteau entre les dents pour en ridiculiser l’image. t.co/7XcIEaHbIj
Il y a un biais à représenter le champ politique comme une figure géométrique, un échiquier ordonnancé avec son centre et ses “marges”: des “extrêmes” qu’on pourrait rapprocher (une aberration en réalité). Cette figuration autorise et conforte la sous-représentation médiatique. t.co/7p66nYK37y
Il faudrait abandonner cette qualification d'”extrême gauche” qui étiquette en général pour marginaliser. De même pour “gauche de la gauche”: à gauche du PS? Tout de même les politiques menées ont été, globalement et profondément, de droite #gauchededroite
t.co/2hHEvlv4R3
Cela ne signifie pas qu’il faille, évidemment, abandonner le mot “gauche” pour autant. Ici, de Frédéric Lordon, cet article important. Il pose des enjeux de programme et de stratégie à repenser.
“La gauche, c’est une situation par rapport au capital”…/
t.co/RGeafMcgCQ
“Etre de gauche, c’est se situer d’une certaine manière vis-à-vis du capital. Et plus exactement d’une manière qui, ayant posé l’idée d’égalité et de démocratie vraie, reconnaît que le capital est une tyrannie potentielle”…/ t.co/HEmpcEjOsE
“Ne pas laisser le capital régner, voilà ce qu’est être de gauche.”
“Le capital prend en otages les salariés individuellement, puisque la vente de la force de travail est la seule solution praticable dans une économie à travail divisé.” t.co/jlYKZGgVbV
“Inutile de chercher quelque chose comme un terme raisonnable à la revendication du capital, qui, une fois la chose obtenue, n’y reviendrait plus et se remettrait honnêtement au travail : il n’y en a pas — aussi vrai qu’illimité veut dire sans limite.” t.co/t3V83IL7UD
Dans les années 1980 et 1990, le “There is no alternative” interdisait d’évoquer le capitalisme, mot tabou parce que sacré. Il devait apparaître comme un plasma, aussi évident et naturel que l’air respiré. Les temps ont changé et c’est ce qu’ils ont au moins de bienfaisant. t.co/75DpkVwSaF
Mais “anticapitalisme” ne suffit pas: pour le remplacer par quoi?
Dans un débat entre @olbesancenot et Gérald Darmanin, Darmanin croyait stigmatiser son interlocuteur en répétant “Vous êtes communiste révolutionnaire” comme une insulte ou un crachat.
t.co/S3rFFWnyen
@olbesancenot Le “communisme” a été terriblement abîmé. Mais c’est un beau mot et surtout un projet salutaire. Déjà on repense et pratique bel et bien les communs. Le capitalisme a montré ses ravages pour la planète et l’humanité. Il est temps de redonner vie à ce projet, sans honte aucune.
. t.co/NHIZ8RXoMf
Un intérêt fort que porte la notion d'”extrême centre” forgée par Pierre Serna, Alain Deneault et Tariq Ali, c’est de retourner ce stigmate, de l’attribuer à ceux qui déploient des politiques très violentes, agressives et dévastatrices. L’extrême est là, la violence aussi. t.co/YkgTevRJgd
Sans qu’il soit possible de comparer, transposer ou fétichiser, l’expérience zapatiste mérite d’être regardée et soutenue avec force et espoir contre l’hostilité au sein de laquelle, malgré tout, elle tient. Car elle expérimente les communs au quotidien.
t.co/T3HIZXCPTy
Avoir foi en une société juste, démocratique et humaine: en quoi est-ce être “extrême”? En rien. Par les terribles temps qui courent, il y a urgence à imaginer autrement. “Que le temps des fêtes nous revienne”. Sans les couteaux que d’autres voudraient nous mettre entre les dents t.co/GSwbdhM31t
Une petite troupe en rangs serrés s’acharne ici en faisant cadeau d’insultes et de photos: les visages du Goulag.
Ces morts nous les pleurons, des larmes de sang.
Mais ceux qui s’indignent savent bien qu’il ne s’agit pas là de communisme, au sens d’un partage des communs t.co/tGVHDmRfqk
Nous n’oublierons jamais le Goulag.
Brandir ces visages et les utiliser pour glorifier un capitalisme meurtrier, c’est bafouer la mémoire de tous les morts des camps.
Avec des indignations sélectives et des oublis terribles armés de calomnies. t.co/fjlDcHsRvc
Certains croient pouvoir affirmer que le capitalisme n’est pas meurtrier, dans une atroce comptabilité des morts. Pour ceux-là, ces chiffres et ces mots de Jean Ziegler: dans un système de vertigineuses inégalités, “un enfant qui meurt de faim est un enfant assassiné”. t.co/gaPYD1FHd1
Le 11 septembre 2001, au moment où nous partagions l’émotion immense des tours effondrées et des 2.973 femmes, hommes et enfants qui y ont succombé, 35.000 enfants âgés de moins de 10 ans sont morts de faim ou de malnutrition. 35.000. Ce jour-là.
L’horreur se passe de toute image
Ils arrivent, ceux qui disent que le capitalisme n’a rien à voir avec la malnutrition qui tue un enfant de moins de dix ans toutes les cinq secondes, quand la planète porte de quoi nourrir le double de l’humanité si les richesses étaient partagées avec équité.
Rien à voir? t.co/IWOjwqaOKR
On ne l’imagine pas [je suis Ziegler pour documenter ces constats]: les flux des capitaux Sud-Nord sont excédentaires par rapport aux flux Nord-Sud. Les pays pauvres versent aux pays riches beaucoup plus d’argent qu’ils n’en reçoivent. “La dette agit comme un garrot.”
✏️@fdeligne t.co/QEp6JoiRKF
“La dette garantit l’ordre cannibale du monde”.
“La majorité des paysans africains n’a accès ni aux engrais minéraux, ni aux semences sélectionnées, ni au crédit agricole, ni aux forces de traction en quantité suffisante, ni à l’irrigation.” Pourquoi? Rien de “naturel” à cela👇 t.co/k1VggQ8COe
Ces pays sont écrasés par la dette. Le peu d’argent qu’ils gagnent (le Sénégal avec l’exportation des arachides, le Mali grâce au coton…) va directement dans les coffres des banques européennes ou américaines au titre du paiement des intérêts de la dette et de son amortissement. t.co/SGPpW09OPO
Quand un pays pauvre est à bout, quand il ne peut plus payer ses banquiers créanciers, le rééchelonnement s’accompagne d’exigences exorbitantes:
• privatisations des secteurs rentables
• privilèges fiscaux considérables accordés aux multinationales
• pression à l’achat d’armes t.co/ZztN3icNaa
Un correspondant m’envoie ses baisers depuis la mer d’Aral (le “”communisme””). Je l’aime… A l’échelle mondiale un écocide: déforestation, sécheresses, contamination de l’air, des sols, nappes phréatiques, cours d’eau et océans par les déchets toxiques…/
t.co/hwaXlVvGra
Surexploitation des ressources, réduction des terres arables, acidification des océans, millions de déplacés climatiques. 1 espèce de conifères sur 4 menacée, 1 mammifère sur 5 et 1 oiseau sur 8. Sur tout cela et, au contraire, sur la “société du bien vivre”, ce livre magnifique: t.co/Iy6rhwmx7S
Je décide de poursuivre un peu ce thread pour ouvrir un dialogue fructueux😇 avec ceux qui depuis hier m’insultent, me dénoncent à mon université et même aux ministres🙃 (tout en se revendiquant de la “liberté”), proposent de m’envoyer au goulag (tout en le condamnant bien sûr).
Oui, le sociologue Jean Ziegler, relayé par le cartographe @nico_lambert, compare le nombre de décès chaque année dans le monde du fait de la malnutrition, des désastres climatiques, de l’étranglement par la dette au nombre de morts pendant la 2e GM.
t.co/3eLakWdInS
Scandale! Non, plus encore: “désastre” intellectuel”, la honte de l’université, s’exclame le politologue “libéral” ex-candidat LR-UDI @DominiqueReynie. Mais, Monsieur Reynié, le désastre n’est jamais dans un tweet, vous savez. Le désastre est dans l’horreur que combat Ziegler. t.co/28EeyIugNU
Si le rapporteur spécial de l’ONU sur le droit à l’alimentation en vient à ces comparaisons (2e GM, 11/9), c’est qu’il désespère devant l’indifférence, l’inaction, les effets meurtriers de la dette. Lisez ses livres, les batailles qu’il mène et son désarroi. Le “désastre” est là. t.co/1WpKVsQ11b
Erreur fatale: ce thread évoquant les ravages du capitalisme à l’échelle planétaire parle de communisme et des communs. Aussitôt une armée en rangs serrés me transforme en Pol Pot et Staline mêlés, négationniste ou malade mentale dénoncée aux responsables de l’Education nationale
Cette troupe de tweets ignobles semble marcher au pas de l’inquiétude. Car désormais, en pratique et en théorie, des alternatives au capitalisme par les communs sont imaginées, pensées, mises en oeuvre. Les désastres infligés à l’humanité et la planète ont ranimé ces espoirs. t.co/IKG5LEiDGo
Tant pis pour les calomnies, brandies par celles et ceux qui renvoient nos espoirs au goulag. Et peu importe au fond le nom donné au projet de société qui succédera au capitalisme. Si “communisme” est trop meurtri par ce qui l’a tué, nous en trouverons d’autres. t.co/Drr4IhxPgJ

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