Avatar
Histoire de la Médecine sur Youtube. Président du Collectif #FakeMed ascletpios@gmail.com

Pourquoi l’utilisation des pseudomédecines ou “Médecines alternatives et complémentaires” (CAM) est un domaine en expansion et qui…

Pourquoi l’utilisation des pseudomédecines ou “Médecines alternatives et complémentaires” (CAM) est un domaine en expansion et qui les utilise ?

Et pourquoi l’hypothèse “d’une maltraitance médicale systémique notamment à l’encontre des femmes ” n’est pas retenue

Récemment, je vois fleurir des hypothèses que j’appelle “twitteriales” sur le lien entre consommation de CAM et maltraitance médicale.

Ce lien n’a à mon sens pas été mis en évidence. Mais d’autres éléments nous permettent d’identifier qui consomme les pseudomédecines

Cette étude islandaise d’aout 2019 montre que l’utilisation de CAM est en hausse de manière graduelle et que le public concerné est en général un public féminin et de haut niveau d’éducation

t.co/6UnS32wzxt

Le lien évoqué est également celui que les personnes qui y ont recours sont en général des patients demandeurs de soins, en général 4 ou + visites médicales.

Le niveau de satisfaction avec le praticien n’est pas significatif t.co/eb6jmowiCi

Ce qui favorise l’utilisation des CAM :
– le genre féminin
– les jeunes adultes,
– statut marital divorcé
– le nombre de consultations médicales précédents. (aka consumérisme médical
– CSP + (Niveau de revenu discuté)
Concernant les pathologies médicales associées à la conso de CAM on retrouve :
– Niveau d’anxiété élevé
– Dépression
– Détresse physiopsychologique
Ce qui ne joue vraisemblablement pas :
– Le statut parental, et le travail
– La “religiosité”
– Avoir une maladie chronique
Il est à noter qu’un avis positif auprès des CAM favorise leur utilisation, tandis qu’un avis défavorable auprès des médecins.

Néanmoins cet avis défavorable était très rare et n’est pas le 1er facteur explicatif comme le disent les auteurs.

Prennons une autre étude, européenne et de 2017 : Afin de déterminer le profil type de l’utilisateur de CAM
t.co/4Mpn2wVuCl
Ici on retrouve des idées similaires à l’étude islandaise récente.

Les auteurs précisent que l’utilisation des CAM est particulièrement importante lorsque :
– Les pays remboursent les pratiques
– Une formation est donnée aux généralistes
– Une diffusion large des pratiques

Ils précisent également que leur utilisation est assez large chez les patients malades en association avec le traitement “classique”.
Surtout chez les douloureux chroniques, et les patients aux pathologies multiples.

Et que les CSP+ y ont recours beaucoup plus facilement

On en revient à l’hypothèse majoritaire qui est que les thérapies complémentaires sont plutôt envisagées comme un service de luxe :
– Non essentiel
– Rareté / Sélectivité
– Prix élevé
– Personnalisation de la prestation
– Inéquité d’accès
La plupart des papiers que je compulse lie le fait que les femmes soient plus “adeptes” au fait que les patientes de ce genre consultent plus tôt, ont un suivi médical plus assidu, et acceptent plus facilement les prises en charge proposées.
Elles sont également plus à l’écoute de leurs symptomes et sont donc plus promptes à stopper ou modifier un traitement si elles ne sont pas satisfaites

Elles sont aussi sensibles à un discours émotionnel, “centré sur le patient” ou “holistique” fréquemment utilisé ici

Il y a également une demande très forte pour une information claire vis à vis de ses thérapies concernant leur efficacité et aimeraient qu’elles soient plus intégrées au cursus

C’est à dire que leur praticien puisse répondre à leurs questions plutôt que de s’en foutre

Finalement, il y a beaucoup de développement autour du “profil type” du consommateur de CAM, mais assez peu sur le processus qui l’amène à cette conclusion.

On peut formuler beaucoup d’hypothèses sur la prévalence des réseaux sociaux et leur utilisation dans leur promotion

C’est l’hypothèse que je retiens quand à leur explosion, considérant le fait que les médecines conventionnelles n’ont pas investi ces terrains, et que se forment donc des îlots (groupes d’interaction) d’où émergent de véritables “patients promoteurs” très engagés ds leur défense
Une autre hypothèse est que la presse “féminine” se fait depuis longtemps l’écho de ces pratiques et participe donc à les légitimer ou à minima à en faire une partie du paysage “santé”

Vu la confusion qui existe entre ces publications et les messages de prévention usuels

Naturellement, le fait que les individus qui adhèrent aux CAM soient des patients de préférence en détresse socio-psychologiques et donc un public vulnérable traduit surtout la multiplicité des recours et le manque d’information.
En résumé l’explication de la “maltraitance médicale” ne semble pas soutenue par les études.

Je retiens de mon côté plus un phénomène de marketing ciblé auprès d’un public féminin, ou en détresse psychosociale… Et un manque d’information claire et loyale à ces sujets.

Merci !

Aucun commentaire

Leave a Reply